PARTAGE_D_EXPERIENCE


LE_TEMOIGNAGE_DE_GREG


Bonjour Michel

Tout d’abord laisse-moi te remercier pour ton blog qui m’a si souvent permis de trouver réponses à mes questions.
Je souhaiterais aujourd’hui apporter mon témoignage et exprimer mon ressentiment sur le bouleversement qu’a été ma sleeve.

« Bonjour je m’appelle Greg, et je suis obèse »
Tout commence ce jour d’été 2015, jour où j’admets que je suis obèse et que sans aide je n’y arriverai pas. Cela peut sembler idiot mais j’ai toujours été costaud et je n’avais encore jamais admis que j’étais obèse. J’ai déjà consulté mon (ex) médecin traitant qui me répond qu’il faut simplement que je fasse du sport pour perdre du poids. Suis-je bête, je n’y avais jamais pensé !! Je faisais à l’époque 166Kg pour 1m88 à 33 ans. J’ai 20ans de rugby derrière moi et les genoux en vrac qui vont avec. J’ai repris le sport ardemment 5 jours sur 7 pendant 8 semaines et je suis arrivé à perdre 20 Kg, puis à en reprendre 10. Mes tendinites aux genoux refont surface et je consulte un médecin du sport qui comprend mon désespoir et m’envoie consulter un de ses confrères spécialisé en chirurgie bariatrique.

« Help »
Je rencontre six mois plus tard ce docteur B* au médipôle de Challes les eaux 73. Je lui explique que s’il ne m’aide pas, je pense que dans 5 à 10 ans je suis mort. Je n’ai pas de problème de santé autres que mes problèmes de genoux. Mon obésité me plonge dans une aigreur envers les autres. Je ne me respecte plus et je deviens un véritable connard, même envers mes proches. Tout le monde en souffre, ma femme la première. Ce chirurgien m’explique les innombrables examens que je devrai passer afin de savoir si je suis éligible ou non à la chirurgie bariatrique. 

« Le protocole »
Je passe sur le détail des examens que tout le monde connait. Je m’attarde simplement sur mon introspection psychologique. Le psy que je rencontre me fait mon certificat de non contre-indication à la chirurgie contre la somme de 45€, notre rdv dure 10 mins montre en main. Je l’entends encore me dire qu’il ne comprend pas pourquoi on lui envoie des gens comme moi, et que dixit « ça ne sert à rien ». 
Cependant l’aspect psy a été important pour moi. A titre personnel, j’ai dû retracer ma courbe de poids depuis mon enfance et la mettre en corrélation avec les évènements survenus dans ma vie. Ça a été un lourd travail d’introspection, pas très plaisant, mais ça m’a aidé à comprendre comment j’en étais arrivé là.

« On fixe une date »
J’ai fait tout ce que l’on m’a demandé, une quinzaine d’examens différents, et me revoilà en face de ce docteur B* pour la troisième fois. Il consulte longuement mes résultats, me regarde droit dans les yeux et me dit : « on fixe une date pour une sleeve, j’ai un créneau de dispo le 13 avril prochain (3 semaines après) ».
Je ressens encore ce soulagement et me revois lui dire en pleurant « le 13 Avril sera le premier jour du reste de ma vie ». Je ne croyais pas si bien dire…
Ceci clos une démarche de près de 12mois.

« 3 semaines avant le jour J »
Peu à peu la peur s’installe. Je suis le chef de famille, grand, gaillard, mais horriblement terrorisé par ce que je vais « subir ». Je lis ton blog, je regarde des vidéos d’opération sur youtube pour comprendre techniquement ce qu’on va me faire. Je recherche désespérément des témoignages sur l’impact psychologique d’une telle chirurgie sur des sujets masculins. Je ne trouve aucune réponse. J’essaye de te contacter, en vain. Je lis beaucoup de témoignages de femmes qui se sont séparées ou ont divorcées suite à une chir bariatrique, mais aucun témoignage d’homme et ça m’angoisse. (C’est aussi pour cela que je témoigne). Dernière bringue avec les amis, puis le jour J se profile. La veille de l’opération, j’ai tellement peur que j’en deviens ignoble avec ma femme et mes enfants. Connard avec un grand C. Je n’arrive pas à gérer ce stress qui me ronge.

« D-Day »
On me descend au bloc, l’anesthésiste fait son job. Je bugg puis me réveille net. J’ai l’impression que ça a duré 15 minutes. On me remonte dans ma chambre et je commence à dérouiller… J’ai une pompe à morphine mais à chaque fois que je l’actionne, je vomis.
J’ai une chambre double et en fin de journée je me retrouve avec un compagnon de chambre qui ne sera resté qu’une seule nuit. Frais comme un gardon le type… pendant que moi je galère et que je dois pisser dans un urinal… Life is unfair !!!
Je n’ai pas souhaité voir mes proches pendant 48hrs, rien que le fait de parler me provoque des vomissements. Je me suis dit, à de nombreuses reprises : « mais qu’est-ce que t’as foutu… t’es trop con » tellement la douleur était présente ces deux premiers jours. Boire une cuillère à café d’eau m’est impossible. Le troisième jour, j’arrive à me lever, à me doucher et tout de suite tout va mieux. Le personnel médical a été aux petits soins, je leur en suis extrêmement reconnaissant. Au bout de quatre jours, je suis autorisé à rentrer chez moi.

« Home sweet home »
Me voilà de retour à la maison, en arrêt de travail pour trois semaines. Je n’ai jamais faim mais me force à manger. Je perds un kilo par jour les dix premiers jours et Je me fatigue très vite. La première fois que je suis allé m’acheter des soupes au supermarché du coin, j’ai cru que je n’arriverai pas à pousser le caddie et à rentrer à la maison. Au bout de 3 semaines, je ne me sens pas prêt à reprendre le travail et me fait prolonger de trois semaines supplémentaires. Je fonds à vue d’œil. Même si c’est le but, je ne pensais pas perdre autant de masse musculaire. La seule chose qui me procurait un peu d’amour propre avant l’opération !!!

« Back in business » 
De retour au travail, j’ai perdu près de 20 Kg. L’alimentation demande un peu de logistique, je ne mange plus au restaurant d’entreprise mais je prends une pause déjeuner d’une heure trente et mange tranquillement. Je procède ainsi pendant le premier mois de reprise. Je n’ai jamais rien caché à mes collègues de ma démarche et de mon opération. Ils ont été très curieux et assez admiratifs.

« Et la psycho la dedans ? »
Je souhaitais vraiment apporter mon témoignage sur le tsunami provoqué dans ma vie par cette opération. Attention, je ne suis pas un psy, ni-même abonné à « psychologie magazine », je vous livre juste mon ressenti.
J’étais aigri avec mes proches, avec mes collègues, j’en étais arrivé à ne plus me respecter moi-même. Je pense sincèrement que sans cette opération, j’aurais divorcé en moins de deux ans et je serai mort dans les cinq à dix années suivantes.
J’avais terriblement peur de l’explosion de mon couple. Je ne comprenais pas ces témoignages féminins que je lisais et qui faisaient part de rupture suite à cette opération.
Aujourd’hui, dix mois et près de cinquante kilos après l’opération, je peux le comprendre. Cette opération m’a remis dans une dynamique positive. Un véritable tsunami disais-je. Je fais plus d’activités, j’ai d’autres aspirations personnelles, professionnelles. Je redécouvre ma femme et je pense- du moins j’espère – que la réciproque est vraie. Bref j’ai l’impression d’avoir de nouveau vingt ans. Cela peut être dur à vivre pour un conjoint et selon un éventuel leadership ou rôle de dominant dans le couple.
Même si nous avons vécu beaucoup d’épreuves ensemble, celle-là nous a encore plus rapprochés. J’ai parfois dû la rassurer. Quoiqu’il en soit, je ne la remercierai jamais assez pour son soutien indéfectible.
Je conçois et je note également que le regard des gens change à mon égard. Le contact est plus ouvert, plus naturel. Je suis moins la « bête de foire ». Je ne parle pas d’un éventuel rapport de séduction mais bien d’un comportement sociétal. C’est assez perturbant au départ.

Merci encore Michel.

BRAVO_POUR_TON_PARCOURS

Un grand merci à toi GREG

Tu es la 22ème personne à t'être lancé dans le grand bain.

Je tiens à dire que ton témoignage m'a touché car je l'ai trouvé très poignant.

Ton parcours est très parlant et n'a pas été simple.

Tu as du à plusieurs reprises t'accrocher moralement et physiquement.

Tu as été patient même si parfois tu pétais un câble.

Comme tu le dis, tu n'a pas toujours été cool avec ta femme et tes enfants.

Mais tu t'es battu et tu n'as rien lâché.

Tu l'a eu ton opération et elle t'a été très bénéfique.

Même si tu en as chié au début, tu t'es battu comme un chien et tu as gagné ce combat.

Aujourd'hui je te sens heureux, ça se voit et ça s'entend.

Moi je dis BRAVO et RESPECT.

Aujourd'hui tu peux être très fier de toi.

Ta femme et tes enfants te voient différemment et tu les rends heureux au quotidien.

Tu as sauvé ton couple et ta santé.

Quel bonheur, je suis ravi pour toi.

Ton parcours est très intéressant et tu prouves encore une fois qu'il faut FONCER.

Aujourd'hui tu revis et si c'était à refaire tout comme moi, ce serait 100 % OUI

MERCI_POUR_TA_PARTICIPATION

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